Adhémar Kermabon était employé des
postes. Il réalisa pour l'Exposition universelle de 1889 à Paris une série
d'aquarelles représentant les uniformes des différents employés des postes et
leur évolution. Pour exécuter celle-ci, Kermabon s'est inspiré des gravures sur
bois de l'époque et des descriptions données par les règlements. Cet uniforme
n'était point la propriété de son porteur. En effet, le facteur devait le
restituer à l'administration des postes dès lors qu'il cessait définitivement
son activité. Les vieux habits servaient aux remplaçants. L'Ancien Régime
affectionne le bleu roi ou " bleu de France ", couleur de rigueur jusqu'en 1810.
Une délibération du conseil des postes de 1er vendémiaire an XIII (23 septembre
1804) signale encore l'habit bleu avec collet rouge sans parements. La tenue
sera renouvelée tous les deux ans. En 1810, le costume change de couleur : il
sera désormais en drap vert. Des indemnités sont données de temps à autre aux
facteurs pour leur frais de bas et de souliers. Des changements interviennent
dans l'uniforme en 1818. Chapeaux ronds pour les facteurs de ville, tricornes
pour les facteurs du gouvernement ; gilets, redingotes et manteaux complètent
l'habit des facteurs. En 1802, l'effectif des facteurs parisiens s'élevait à 306
individus. Ajoutons à ce chiffre, les 304 facteurs des départements que l'on
comptait à cette époque (non compris ceux qui officient dans les départements
conquis) et l'on aura une idée du nombre de ces employés des postes qui
distribuaient les lettres à domicile.