Le
tableau magistral de Jean-François
Millet intitulé « L’Angélus » et achevé il y
150 ans, s’appelait initialement « Prière pour la récolte des pommes de
terre ». Devenu une icône de la peinture populaire du 19e
siècle, il a été maintes fois reproduit sur des calendriers des Postes, des
canevas, des meubles, des cahiers d’écolier… Véritable source d’inspiration pour
de nombreux artistes notamment pour Dali et les Surréalistes qui ont vu dans
cette œuvre sens caché et forme énigmatique.
Henri
Cueco de son
côté, peintre et écrivain, a lui aussi été intrigué et touché par ce
tableau ; en plus de sa collection d’Angélus évoquée dans son ouvrage
« Le Collectionneur de collections », Cueco a établi une
correspondance fictive avec Millet intitulée « L’Angélus pour un
sourd » (jamais publiée), imaginé des dialogues entre les deux personnages,
et surtout, réalisé des portraits de pommes de terre, objet que l’on retrouve
sur le tableau de Millet.
Denis Fontaine quant à lui, est professeur d’art plastique dans un lycée. Chineur et grand admirateur de Cueco, il a entamé depuis 1999 une correspondance avec l’artiste. Il a réalisé 60 créations épistolaires de plus en plus élaborées au fil du temps et toujours agréées par les facteurs. Le contenu est toujours le même : une reproduction de l’Angélus sur assiette, cartes postales, en canevas… Le contenant peut prendre des formes diverses et surprenantes : pelotes de laine, cartable, ballon de foot et housse de raquette de tennis ! A chaque colis, Denis Fontaine joint une lettre, ode incitative pour convaincre Henri Cueco de créer sur ce thème de L’Angélus. Sans répondre à l’attente de Denis Fontaine, Henri Cueco l’encourage toutefois fortement dans sa démarche artistique.





