L'exposition du Musée de La Poste " Claude Viallat - les Toiles postales " présente un ensemble d'œuvres de l'artiste Nîmois, fruit de sa double collaboration avec La Poste en 2005 et en 2006.
Sont notamment exposées une série d’une
vingtaine d’acryliques sur sacs postaux et la maquette du timbre-poste émis en
2006 en hommage à l’artiste.
« La
Poste c’est le lien entre les personnes, c’est l’écriture et la relation avec
les amis auxquels on écrit. Il y a un côté très affectif (…) » déclare
Claude Viallat, « (…) très fier que La Poste [lui] demande [de réaliser un
timbre] ».
Membre fondateur du groupe
Supports/Surfaces en 1970, célèbre pour sa remise en cause des matériaux
traditionnels, imprégné par la tradition taurine de son enfance dans le Gard et
habitué à travailler sur le thème de la tauromachie, Viallat a peint la maquette
du timbre sur un tissu de cape de torero de couleur rose vif. Les motifs sont de
couleur verte. Mais le défi est lancé pour l’artiste, cette fois-ci le support
définitif sera un petit bout de papier de quelques cm2 alors
que la toile originale mesure plus de 2 mètres. Selon le désir de Claude
Viallat, La Poste n’a pas mis de contour blanc et l’œuvre, ainsi reproduite,
semble se prolonger à l’infini au-delà des dentelures du
timbre.
Sur la vingtaine de sacs présentés, la maquette
originale et les différents projets, Claude Viallat reprend son motif-signature
fruit du hasard et datant de 1966. Il s’agit d’une forme oblongue, ni
figurative, ni géométrique, disposée en série, qu’il crée au pochoir. Point de
départ contraignant qui laisse libre champ à toutes les libertés de créations
possibles car, sans cesse à renouveler. Il travaille cette forme, la reproduit à
chaque œuvre, sur des supports à chaque fois différents, bouts de tissus
récupérés, bâches…. mais toujours bruts et sans préparation. Quant aux couleurs,
il les choisit par instinct, sans référence symbolique. Les aléas de la matière
influent sur le traitement de la couleur. Selon l’artiste, « la manière dont réagit la couleur
avec le support est très importante. Il y a à chaque fois ce travail du support
et de la couleur par le support. ». Un aspect inattendu, une non
volonté de résultat spécifique, une sensualité dans la technique font partie
intégrante de l’œuvre.
« Je
travaille toujours en partant du principe que je ne fais pas d’erreur, je ne
veux pas faire d’erreurs, c’est-à-dire qu’il faut que tout soit bon. J’accepte
tout, je ne peux pas me tromper parce qu’étant donné que je n’attends rien, que
je ne veux rien, que je pose les choses, je me fais un devoir de les accepter
telles qu’elles sont » (propos de Claude Viallat du 23 mai
2007)
Cette fois encore, Claude Viallat réalisera
l’accrochage de ses toiles, il tissera sa logique, instaurera un nouveau
dialogue entre les œuvres et créera un réseau d’intentions propre aux salles du
Musée de La Poste.
Un catalogue est édité à
l’occasion de cette exposition dans lequel toutes les oeuvres seront reproduites
(disponible à partir du 20 septembre 2007).
Des ateliers sont organisés
autour de l’exposition (visite de l’exposition et réalisation d’un papier à
lettre au pochoir).