85 huiles sur toile et papier et plus de 60
dessins sont exposés. L’exposition présente les différentes périodes de cet
artiste difficile à classer, en faisant une place non négligeable aux œuvres
d’avant 1939, et insiste sur certaines thématiques comme le baroque vénitien,
les animaux, le sport, la Bretagne et la mer auxquelles il restera profondément
attaché toute sa vie. Des œuvres maîtresses telles « Hommage à Palestrina » de 1925,
« Jeanne d’Arc traversant la
Loire » de 1941, « La
bataille de Waterloo » de 1949 etc.… jalonnent le parcours
chronothématique.
Charles Lapicque, scientifique et ingénieur de formation, commence à
peindre dans les années 1920. Audacieux dès ses débuts, ses recherches sur
l’échelonnement des couleurs dans l’espace trouvent leur aboutissement plastique
en 1939, date à laquelle il fait débuter sa carrière de peintre.
Après une courte période semi-abstraite qui lui vaut d’être remarqué
par ses pairs, Lapicque revient à la figuration, une figuration allusive. Si
l’œuvre de Charles Lapicque est plus complexe qu’il n’y paraît, sa palette
exubérante, ses compositions dynamiques, son génie de l’invention, son
utilisation de la perspective, ses thématiques abordées aussi bien dans le
dessin que dans la peinture, le rendent accessible à tous.
Lapicque occupe une place particulière dans
l’histoire de l’art et ses recherches ont fait école. Nombre d’artistes,
notamment ceux de la seconde génération de l’Ecole de Paris, Bazaine, Manessier
(…) ont été influencés par ses découvertes, de même que des peintres comme
Rancillac, Arroyo, Di Rosa, Boisrond, Combas ou encore
Dubuffet.
La toile « Régates vent arrière » de
1952, reproduite en timbre-poste en 1989 dans la série artistique, est
exposée.
Quelques repères
biographiques : Charles Lapicque (1898-1988)
Charles Lapicque est né à Theizé dans le Rhône, d’une famille
originaire des Vosges. Son père, peintre et chef d’orchestre à Epinal, meurt
avant sa naissance. Il sera élevé par ses grands-parents. A l’adolescence, son
oncle, physiologiste, le prend en charge et s’occupe de ses études. L’enfant
manifeste des dons pour la musique et le dessin. La famille passe ses vacances
en Bretagne, dans la baie de Paimpol qui devient pour lui la terre-mère. Il commence la peinture à
l’huile en 1920. En 1921, il est diplômé de l’Ecole centrale et de 1931 à 1943,
il occupe un poste de préparateur à la faculté des Sciences de Paris. Il
commence ses premières recherches scientifiques sur les contrastes des valeurs
et la vision des couleurs qu’il met en application dans sa peinture. Il publie
ses travaux dans Essais sur l’art,
l’espace et la destinée (Grasset, 1957). En 1925, il peint Hommage à Palestrina qui lui vaut d’être
remarqué par Jeanne Bucher ; elle lui organise sa première exposition
personnelle en 1929 dans sa galerie.
En 1941, il participe à l’exposition « jeunes peintres de la Tradition
Française », à la galerie Braun et créé la surprise avec son tableau La vocation maritime qui fera école. Il
reçoit le Prix Raoul Dufy en 1953. En 1967, le Musée national d’art moderne
organise une rétrospective. En 1976, suite à la donation Granville, le Musée de
Dijon lui consacre en permanence une salle. En 1978, le Centre Georges Pompidou
lui organise une rétrospective de ses dessins. En 1979, il reçoit le grand prix
National de la Peinture.
Informations supplémentaires :
Le catalogue de l’exposition « Charles
Lapicque (1898-1988) - Une rétrospective » est le quatrième numéro de la
collection Un timbre - Un artiste,
co-édité par le Musée de La Poste et l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts
(104 pages).
De nombreuses animations sont organisées autour
de l’exposition : ateliers et visites guidées.
A la suite du Musée de La Poste, d’autres musées lui rendent hommage.
Une exposition itinérante se déplacera au Musée de l’Hospice St Roch à Issoudun
du 13 mars au 31 mai 2009, au Musée Unterlinden à Colmar du 15 juin au 8
novembre 2009 et Musée de l’Abbaye-Sainte-Croix aux Sables d’Olonne du 15
décembre 2009 au 15 mars 2010.