Pour composer une dépêche et la traduire, il fallait que les
directeurs situés à chaque extrémité de la ligne utilisent des vocabulaires. Les
stationnaires, qui reportaient le message de poste en poste en manipulant les
poulies, n'en avaient pas connaissance. Par temps clair, on recevait à Paris les
nouvelles de Toulon en trois heures pour une dépêche d'environ cent
signaux.
Le mécanisme est constitué d'une poutrelle de quatre mètres de long
fixée sur un mât et pourvue à ses extrémités de deux barres d'un mètre de long.
Les branches mobiles sont découpées en forme de persiennes afin de résister au
vent. Le stationnaire manipule les pièces du dispositif à l'aide de poulies et
de cordes. Le brouillard, la pluie et la nuit rendaient impossible toute
communication.
Dix-huit postes avaient été établis pour assurer la
transmission des dépêches sur cette première ligne du réseau, mise en service
le16 juillet 1794. Ces relais étaient placés sur des points élevés de la
topographie ou, en milieu urbain, sur le clocher des églises. Plus de cinquante
édifices religieux furent utilisés pour abriter les postes télégraphiques.
Pour composer une dépêche et la traduire, il fallait que les
directeurs situés à chaque extrémité de la ligne utilisent des vocabulaires. Les
stationnaires, qui reportaient le messager de poste en poste, n'en avaient pas
connaissance mais devaient maîtriser le vocabulaire des signaux de service
(ouverture de la ligne, pause, erreur, etc.) Si l'on cherche à améliorer sans
cesse ces vocabulaires, il reste que le principe de fonctionnement du télégraphe
a peu varié. Le vocabulaire utilisé entre 1799 et 1807 se présentait sous la
forme d'un livre de 92 pages. Chaque page contenait elle-même 92 mots. Au total,
les correspondants disposaient d'un vocabulaire de 8464 mots.
Dans ce
registre sont consignés tous les bulletins de transmission passés sur la ligne
du nord ainsi que leur traduction. On y annonce notamment les faits de guerre
des armées de la République, leur victoire sur les coalisés et sur les rebelles
chouans. On y apprend également le projet de prolongement de cette ligne jusqu'à
Dunkerque.